BEKENNTNISSE IM MONDSCHEIN

Das Ausmaß der Katastrophe. Auf den Fahnen: acht Sätze, fünf Bilder und manchmal gar nichts. Die Bilder (bearbeitete aus dem Internet) zeigen ausgestorbene oder vom Aussterben bedrohte Arten (die in Luxemburg gefährdete Tanne, Luchs, Wolf, Eule oder eine Fliege …). Die Texte nennen Fakten, häufig mit Zahlen belegt, über das, was unsere kapitalistische Gesellschaft produziert.

Diskreter Humor: Bekennen, was längst bekannt ist.
Eine Form des Protests: einen Aufstand vorschlagen.
Eine Form für bittere Wahrheiten: durch Schönheit sublimiert. Eine Farbe: die der Haut.

»Sie war in aller Bedrängnis voran, warum nicht auch in der Ehre?«
Prozess der Jeanne d’Arc, 9. Verhör, 17. März 1431

Kommentar:
Jeanne d’Arcs Antwort an ihre Richter auf die Frage, warum ihre Fahne mit der der anderen Feldherrn zur Krönung des Königs nach Reims getragen wurde.

Nachdem Martine Feipel und Jean Bechameil die Revolution als Gedanken – und als Bereich des Möglichen – in ihre Arbeit integriert haben, führen sie nun den Krieg ein, indem sie vor dem aktuellen Zustand des Planeten die Fahne der Revolte hissen. Bisher wagen nur Künstler, Jugendliche und Aktivisten den Krieg gegen den Krieg, den die Menschheit dem Planeten Erde aufzwingt.
Ebenso folgerichtig entwickelt sich der Ansatz der Künstler nach einer Phase intensiver Arbeit an einer »wilden Aneignung der Industrierobotik und ihres Einsatzes zu nicht-produktiven Zwecken« hin zu der Frage, wie die Technik und ihr Einsatz – jetzt überwiegend zu Produktionszwecken – sich auf unser Ökosystem auswirken.

Weiterhin in der gleichen ästhetischen Welt und mit einer gewissen Nüchternheit in Bezug auf die Umwelt und auf den Kontext der Ausstellung adressieren die Künstler mit Bekenntnisse im Mondschein eine knallharte Realität. Die Welt von Martine Feipel und Jean Bechameil entwickelt sich stets ähnlich, in Kontrasten (die sie mit einer ganz besonderen Sanftheit überziehen): Die Farbe, die Schönheit der Bilder (und meist auch der Formen) kontrastiert mit der Brutalität der Fakten, die auf den Fahnen stehen – und uns ausnahmlos alle betreffen. Das kennzeichnet ihre Welt: Sie benennen die Realität, lassen aber immer eine Bresche offen, durch die die Freude an der Schönheit und am Leben eindringen kann. Rosa ist auch die Farbe des Fleischs – das assoziiert zwangsläufig unsere verlorene Animalität, die wir vernachlässigt und verdrängt haben.

Schlussfolgerung: »Wir müssen unser Leben von Grund auf ändern!«

Sofia Eliza Bouratsis
PhD Arts et Sciences de l‘art – Esthétique
Université Paris I – Panthéon-Sorbonne
Freie Publizistin und Kuratorin
Korrespondentin beim Lëtzebuerger Land

CONFESSIONS AU CLAIR DE LUNE

L’ampleur du désastre. Sur les étendards : huit phrases, cinq images et parfois un vide. Les images, trouvées sur internet et retravaillées, montrent des espèces disparues ou en voie de disparition (le sapin qui est en voie de disparition au Luxembourg, le lynx, le loup, la chouette ou encore une mouche…). Les textes rapportent des faits réels, souvent chiffrés, qui évoquent ce que notre société capitaliste produit.

Un humour discret : faire des confidences qui sont des évidences.
Une forme de contestation : suggérer un soulèvement.
Un manière de faire des constats amers : sublimés par la beauté. Une couleur : celle de la peau.

« Il avait été à la peine, c’était bien raison qu’il fût à l’honneur ».
Procès de Jeanne d’Arc, 9e interrogatoire, 17 mars 1431

Commentaire :
Réponse de Jeanne d’Arc à ses juges, qui lui demandaient pourquoi son étendard avait été porté à Reims, au sacre du roi, avec ceux des autres capitaines.

Après que Martine Feipel et Jean Bechameil aient intégré la révolution, comme idée – et comme horizon de possibilité – dans leur travail ; ils introduisent la guerre en levant l’étendard de la révolte face à la situation actuelle de la planète. Il n’y a pour le moment que les activistes, les adolescents et les artistes qui osent faire la guerre à la guerre que l’espèce humaine fait à la planète Terre.
Il est aussi tout à fait cohérent, qu’après une période de travail approfondie qui a consisté en une « prise de possession sauvage de la robotique industrielle et de ses usages à des fins non-productives », la démarche des artistes se développe maintenant de manière à questionner ce que la technique et ses usages – à des fins à priori productives cette fois-ci – a comme conséquences sur notre écosystème.

En restant toujours dans leur univers esthétique, et avec une certaine sobriété liée à l’environnement et au contexte de l’exposition, les artistes évoquent avec Confessions au clair de lune une réalité très dure. L’univers de Martine Feipel et de Jean Bechameil se développe toujours ainsi, par des contrastes (qui revêtent d’une douceur très singulière) : la couleur, la beauté des images (et habituellement des formes) fait face à la violence des faits qui sont inscrits sur les étendards – et qui nous concernent inévitablement tous. Telle est la spécificité de leur univers : parler du réel en laissant toujours une brèche afin que la jouissance de la beauté et de la vie puisse s’y infiltrer. Le rose est aussi la couleur de la chair, ce qui ne peut qu’évoquer, par ricochet, notre animalité perdue, négligée et refoulée
Conclusion : « Il faut complétement changer notre vie ! »

Sofia Eliza Bouratsis
PhD Arts et Sciences de l’art  – Esthétique
Université Paris I – Panthéon-Sorbonne
Chercheure et curatrice indépendante
Correspondante pour d’Lëtzebuerger Land

 

„Auf in den Bäumen befestigten Fahnen zeigt das Kunstwerk Tiere, die aus unseren Wäldern verschwunden sind, und konfrontiert uns mit einer Aufzählung von Fakten und Zahlen, die uns unser derzeitiges Verhalten in der Welt und dessen Konsequenzen vor Augen führen. Diese Aufzählung stellt unser Verhältnis zur Umwelt dar und ruft zur kollektiven Verantwortung für die Zukunft unseres Planeten auf, indem sie uns an umwelttechnische, soziale, politische und existentielle Fragen erinnert.“

 

« L’œuvre met en scène, sur des étendards accrochés dans les arbres, des animaux
disparus de nos forêts et les confronte à une énumération de faits et de chiffres qui relatent notre comportement dans le monde contemporain et ses conséquences. Cette énumeration met à nu notre rapport à l’espace et appelle à une responsabilité collective face au futur de notre planète en évoquant des questionnements d’ordre environnemental, social, politique et existentiel. »

 

Martine Feipel wurde 1975 in Luxemburg und Jean Bechameil 1964 in Paris geboren. Das Künstlerpaar arbeitet seit 2008 zusammen und lebt derzeit in Brüssel. Martine Feipel studierte an der Universität der Künste in Berlin und am Central St. Martins College of Arts & Design in London. Jean Bechameil absolvierte die École des Beaux-Arts in Paris und die Willem de Kooning Academy in Rotterdam.

Die beiden beschäftigen sich mit Raumfragen und wurden zu zahlreichen internationalen Ausstellungen eingeladen, zum Beispiel im Kunstmuseum Bonn, im Pavillon de l‘Arsenal in Paris und zur Triennale von Beaufort in Belgien. 2011 haben sie Luxemburg bei der 54. Biennale von Venedig vertreten.

2017 widmete ihnen das Casino Forum d’art contemporain eine monografische Ausstellung und 2019 präsentierten sie in der königlichen Eishalle in Brüssel die Ausstellung „Automatic Revolution“. Für ihr Projekt „City of Emergency – Apus Apus“ wurde ihnen der COAL-Sonderpreis der Jury 2018 verliehen.

 

Martine Feipel est née en 1975 à Luxembourg et Jean Bechameil en 1964 à Paris. Le couple travaille ensemble depuis 2008 et vit actuellement à Bruxelles. Martine Feipel a suivi des études d’arts plastiques à l’Université des Arts à Berlin et au Central St Martins College of Arts & Design à Londres ; Jean Bechameil est passé par l’École des Beaux-Arts de Paris et par l’Académie Willem de Kooning de Rotterdam.

Le travail du couple traite des questions de l’espace et leur a valu d’être invité à de nombreuses expositions internationales, par exemple, au Kunstmuseum Bonn, au Pavillon de l’Arsenal de Paris, à la Triennale de Beaufort en Belgique. En 2011, ils ont représenté le Luxembourg à la 54e Biennale de Venise.

En 2017, le Casino Forum d’art contemporain Luxembourg leur a consacré une exposition monographique et en 2019 ils ont occupé l’espace de la Patinoire royale à Bruxelles avec l’exposition « Automatic revolution ». Le COAL prix spécial du Jury 2018 leur a été décerné pour leur projet « Cité d’urgences – Apus Apus ».