BOILER

Humor, immer.
Kritischer Geist gegenüber unseren modernen Lebensstilen.
Konzeptuelle Abstraktion, und eine frische Geste.

Eric Schumachers Werk Boiler ist eine Installation, in der die Fotografie einer Skulptur für die Kamera gezeigt wird. Eine performative Skulptur, könnte man sagen, denn Sinn macht ihre Existenz nur während ihrer Performance und mit dem alleinigen Ziel, fotografiert zu werden.

Boiler ist zunächst ein Verweis auf den allgegenwärtigen Kapitalismus: Das Werk evoziert die Bildwerbung im urbanen Raum. Dann ist es die Fotografie einer Skulptur, die von einem Grillfest inspiriert ist. Die Installation muss im Wald »versteckt« werden, um den Besucher mit ihrem Bezug zur Natur zu konfrontieren (natürlich jenseits des Sonntagsgrillens). Sodann wird die Kritik an der immer hierarchischen Perspektive deutlich, mit der wir der Natur begegnen: Die Anspielung an die Inszenierung des Alltags wird nun zur Kritik an der Raumordnungspolitik, am Fleischkonsum und an der Entwaldung zugunsten unseres angeblichen Komforts …
Eric Schumacher bezieht sich damit indirekt darauf, wie die scheinbar noch so harmlosen Rituale des Alltags sich auf den Prozess der Erderwärmung auswirken.

Ausgehend von einem populären Naturbegriff – das Element der Populärästhetik ist in der Arbeit des Künstlers im Hintergrund immer präsent – wirkt der Wald als Bild des Entrinnens – die Notwendigkeit, vor dem eigenen Leben zu fliehen, die jeder irgendwann einmal empfindet. Es folgt die Illusion, man hätte diese befreiende Flucht (das Sonntagsvergnügen) geschafft in den wenigen Augenblicken des »Durchatmens«, die das zeitgenössische Leben im Westen einem heute zugesteht.

Natürlich ist das Grillfest eine Metapher; in Eric Schumachers Arbeit geht es nie um die reine Imitatio der Welt: »Meine Arbeit ist keine repräsentative Arbeit, es geht mir um das Referenzielle.« Eher sollen über Umwege und freie Assoziationen unsere Lebensstile evoziert werden, und die Perspektive ist dabei zugleich kritisch und … angenehm. Das Leben bleibt in dieser Arbeit schön, und irgendwo verbirgt sich immer ein feines, diskretes Lächeln. Eric Schumacher möchte zum kritischen Nachdenken über die menschlichen Entwicklungen (Expansion, Kolonisierung) in der Natur antsoßen, und zwar über die Betrachtung einer Fotografie, die in genau dieser Natur versteckt ist.
Die parallele Darstellung von Massenkonsum, Müllproduktion und der Auswirkung des »unschuldigsten« Alltagslebens auf das Ökosystem, dargestellt in der Ästhetik der großen Werbekampagnen der Kaufhäuser (die Grills verkaufen, um eine der Lieblingsaktivitäten der westlichen Bevölkerung zu befriedigen) über die Erschaffung eines scheinbar inoffensiven Kunstwerks, das aber ebenfalls verschmutzt (weil es wahrscheinlich nicht recycelt wird und weil dafür Energie verbraucht wurde) ist ebenfalls charakteristisch für die Arbeit des Künstlers, in der eine Form der Selbstanalyse (der Welt, wie wir sie erleben) häufig zur Selbstironie wird.

Die Enthüllung der scheinbaren Unschuld eines populären Brauchs, Eric Schumachers treuer Rückgriff auf einfache Materialien für seine Praxis (Papprohre, Metall, Holz etc.), die er in zugleich konzeptueller und visueller Absicht präzise verwandelt, erinnern an Vladimir Jankélévitch und sein Diktum, angesichts der Unumkehrbarkeit der Zeit sei »der Humor die Rache des Schwachen«.

Sofia Eliza Bouratsis
PhD Arts et Sciences de l‘art – Esthétique
Université Paris I – Panthéon-Sorbonne
Freie Publizistin und Kuratorin
Korrespondentin beim Lëtzebuerger Land

BOILER

Humour, toujours.
Esprit critique face à nos modes de vie contemporains.
Abstraction conceptuelle,et fraîcheur du geste.

L’œuvre Boiler d’Eric Schumacher est une installation qui présente la photographie d’une sculpture pour la caméra. Sculpture performative pourrions-nous dire, puisque son existence ne fait sens que pendant le temps de sa performance et dans l’unique objectif d’être photographiée.

Boiler est d’abord une référence au capitalisme omniprésent car l’œuvre évoque l’imagerie publicitaire dans l’espace urbain. C’est ensuite la photographie d’une sculpture inspirée par le barbecue. L’installation doit être « cachée » dans la forêt afin de confronter le visiteur à son rapport à la nature (au-delà bien entendu des barbecues dominicaux). Apparaît ensuite la critique de la visée toujours dominatrice avec laquelle nous entrons en relation avec la nature : l’évocation de la mise en scène des de la vie quotidienne1 devient alors une critique de l’aménagement du territoire, de la consommation de viande et de la déforestation au profit de nos présumés conforts… Eric Schumacher se réfère ainsi indirectement aux effets que les rituels – apparemment les plus anodins – de la vie quotidienne ont dans le processus du réchauffement climatique.

Partant d’une approche populaire de la nature – car cet élément, l’esthétique populaire, figure toujours en arrière-fond du travail de l’artiste –, la forêt apparaît ensuite comme une figure de l’échappement – la nécessité ressentie par tous, à un moment donné, de fuir sa propre vie. Vient ensuite l’illusion d’avoir réussi à réaliser cette fuite libératrice (les loisirs du dimanche) grâce aux quelques moments de « respiration » qu’autorise la vie occidentale contemporaine.

Le barbecue est bien évidemment une métaphore, il ne s’agit jamais dans le travail d’Eric Schumacher d’imiter le monde : « Mon travail n’est pas un travail représentatif, il s’agit d’une démarche référentielle ». Il s’agit plutôt d’évoquer, par détournement et associations libres, nos modes de vie, dans une perspective à la fois critique et … agréable. Car la vie reste belle dans ce travail qui cache toujours quelque part un sourire léger et discret. Eric Schumacher vise donc à développer une pensée critique sur les développements (expansions et colonisations) humains dans nature, à travers la contemplation d’une photographie cachée dans cette même nature.

La mise en parallèle de la consommation de masse, de la production de déchets et de l’impact de la vie quotidienne « la plus innocente » sur l’écosystème, avec l’esthétique des publicités des grands magasins (qui vendent des barbecues pour satisfaire l’une des activités préférées des occidentaux) à travers la création d’un objet d’art apparemment inoffensif mais qui pollue lui aussi (puisqu’il n’y aura probablement pas de recyclage et qu’il y a eu combustion) est également caractéristique du travail de l’artiste au sein duquel une forme d’auto-analyse (du monde tel qu’on le vit) devient souvent autodérision.

Le dévoilement de l’apparente innocence d’une habitude populaire, la fidélité d’Eric Schumacher envers les matériaux pauvres qu’il choisit d’utiliser dans sa pratique (tubes en carton, métal, bois, etc.) et qu’il transfigure avec précision, dans une perspective à la fois conceptuelle et éminemment visuelle, rappellent Vladimir Jankélévitch qui écrivait que, face à l’irréversibilité du temps, « l’humour est la revanche de l’Homme faible ».

Sofia Eliza Bouratsis
PhD Arts et Sciences de l’art  – Esthétique
Université Paris I – Panthéon-Sorbonne
Chercheure et curatrice indépendante
Correspondante pour d’Lëtzebuerger Land

 

„Ich erwarte mir eine kritische Konfrontation mit der Erweiterung des menschlichen Raumes innerhalb der Natur. Dementsprechend soll das Werk als urbane, konsumkritische Intervention im natürlichen Raum verstanden werden. Es soll sich mit Massenkonsum und Müll und den Auswirkungen auf das Ökosystem auseinandersetzen.“

 

« Je m’attends à une confrontation critique due à l’expansion accrue de l’espace humain dans la nature. Par conséquent l’œuvre doit être comprise comme une intervention urbaine, consumériste, dans l’espace naturel. Elle traite de la consommation de masse et des déchets et leurs effets sur l’écosystème. »

 

Eric Schumacher wurde 1985 in Luxemburg geboren. Nach seinem Kunststudium an der École de Recherche Graphique in Brüssel, am Edinburgh College of Art und am Interdisziplinären Raumlabor der TU Berlin, arbeitet er weiterhin in Edinburgh (UK) und Luxemburg.

2012 erhielt Schumacher den Preis der Royal British Society of Sculptors. Seitdem hat er an mehreren Gruppenausstellungen teilgenommen, unter anderem am Glasgow International Festival of Visual Arts 2012, Drawn Away Together an der Talbot Rice Gallery, Edinburgh in 2013, sowie der Künstlerresidenz SNEHTA Outreach in Athen in 2015.

Nach seiner Beteiligung an der Triennale Jeune Création Luxembourg et Grande Région in 2017 folgten mehrere Gruppenausstellungen in Luxemburg, unter anderem Dis-play im CAW Walferdange, Un autre monde est possible in der Galerie Zidoun-Bossuyt, sowie einer ersten Einzelausstellung unter dem Titel Finders Keepers Surface Sweepers im Centre d’Art Dominique Lang in Dudelange in 2018.
Schumacher ist für den diesjährigen Kunstpreis Robert Schuman nominiert, der in Luxemburg-Stadt stattfinden wird.

 

Eric Schumacher est né en 1985 au Luxembourg. Après des études d’art à l’École de Recherche Graphique à Bruxelles, au Edinburgh College of Art et au Interdisziplinäres Raumlabor à la TU Berlin, il travaille à Édimbourg (UK) et au Luxembourg.

En 2012, il obtient le prix de la Royal British Society of Sculptors. Par la suite Schumacher a été invité à participer à plusieures expositions de groupe, notamment au Glasgow International Festival of Visual Arts en 2012, Drawn Away together à la Talbot Rice Gallery, Édimbourg en 2013, suivi par la résidence d’artiste SNEHTA Outreach à Athènes en 2015.

Après sa participation à la Triennale Jeune Création Luxembourg et Grande Région en 2017, il a participé à diverses expositions au Luxembourg, dont Dis-play au CAW à Walferdange, Un autre monde est possible à la galerie Zidoun- Bossuyt et une première exposition individuelle Finders Keepers Surface Sweepers au Centre d’Art Dominique Lang à Dudelange en 2018.
Schumacher est nominé pour l’édition 2019 du Prix d’art Robert Schuman qui aura lieu à Luxembourg-Ville.