FADE OUT/IN REALITY

Anarchie, Politik, Ethik und Klimagerechtigkeit.
Das Ohr öffnen für die Welt (der Erkenntnis und der Natur).

Zunächst einmal muss man Neugier (für die Landschaft) aufbringen und bereit sein, bis an den See hinunterzugehen, um die Arbeit von Edmond Oliveira zu finden. Seine Arbeit wirbt für einen radikalen Systemwechsel in der Gesellschaft. Man nimmt in dieser idyllischen Landschaft Platz und hört ein Audio: Wenn wir nichts tun, wird diese Landschaft verschwinden, zusammen mit uns Menschen. So einfach ist das.

Am 6. Februar 2019 wurde über die sozialen Medien im Internet ein Video veröffentlicht, in dem der junge Umweltaktivist Brice Montagne den luxemburgischen Deputierten eine Frage stellt: »Haben Sie den IPCC-Sonderbericht gelesen (Weltklimarat / Intergovernmental Panel on Climate Change)? Wenn Sie ihn gelesen haben, heben Sie bitte die Hand.« Kein Deputierter hebt die Hand, der Bericht ist nur 32 Seiten lang. Es folgen zwei Lesungen (eine auf Französisch, eine auf Deutsch) von Auszügen der Zusammenfassung für politische Entscheidungsträger aus diesem »IPCC-Sonderbericht über die Folgen einer globalen Erwärmung um 1,5°C gegenüber vorindustriellem Niveau und die damit verbundenen globalen Treibhausgasemissionspfade im Zusammenhang mit einer Stärkung der weltweiten Reaktion auf die Bedrohung durch den Klimawandel, nachhaltiger Entwicklung und Anstrengungen zur Beseitigung von Armut«, der im März 2019 auf wikisource 1 veröffentlicht wurde. Brice Montagne erklärt den Deputierten, es sei ihre Pflicht, diesen Bericht zu lesen, um die nötigen Kenntnisse zum Stand der Krise, in der wir uns befinden, zu erwerben. Luxemburg, so Montagne, könnte den Klimanotstand vor den Europäischen Rat bringen, damit er europaweit ausgerufen wird.

Für die Klanginstallation wird der Bericht von zwei luxemburgischen Journalisten gelesen, die zufällig neben ihrer Arbeit auch Theater spielen: Man hört die schönen Stimmen (die man sonst eher schriftlich kennt) von Marie-Anne Lorgé und Peter Feist.

Wir befinden uns heute in einer Krise, aber wie Brice Montagne bei seiner Ansprache unterstreicht: Wenn wir sie verstehen wollen, haben wir ein großes Problem – wir haben in dieser Krise keine Feinde außer uns selbst, wir haben kein Gesicht, auf das wir unseren Hass projizieren könnten.

Es ist ein verstörendes Werk: Die Wortmeldung geht vom Bürger an den Künstler und vom Künstler an die Journalisten (die auch ein Stück weit Künstler sind). Beim Hören dieser Worte läuft es einem kalt den Rücken hinunter. Es bleibt uns nichts übrig als auf die Straße zu gehen, wie Tausende Jugendliche es getan haben, bis die politischen Entscheidungsträger verstehen, dass wir nicht länger überlegen müssen: Wir befinden uns im Notstand, wir müssen handeln.

Sofia Eliza Bouratsis
PhD Arts et Sciences de l‘art – Esthétique
Université Paris I – Panthéon-Sorbonne
Freie Publizistin und Kuratorin
Korrespondentin beim Lëtzebuerger Land

FADE OUT/IN REALITY

Anarchie, politique, éthique et justice climatique.
Ouvrir l’oreille au monde (de la connaissance et de la nature).

Il faut dans un premier temps faire preuve de curiosité (pour le paysage) et bien vouloir descendre jusqu’au lac afin de découvrir le travail d’Edmond Oliveira. Son travail prône un changement systémique et radical de la société. L’on s’installe dans ce paysage idyllique et l’on écoute un enregistrement audio : si l’on ne fait rien, ce paysage va disparaître avec nous humains aussi. C’est aussi simple que cela.

Le 6 février 2019, un enregistrement visuel est diffusé sur internet dans les médias sociaux, le jeune écologiste Brice Montagne pose une question aux parlementaires luxembourgeois : « Avez-vous lu le rapport du GIEC (le Groupe Intergouvernemental d’experts sur l’Évolution du Climat/IPCC). Si vous l’avez lu, je voudrais que vous leviez la main ». Aucun député ne lève la main, le rapport ne fait que trente-deux pages. Suivent deux lectures (une en français et une en allemand) d’extraits du résumé de ce « Rapport spécial du GIEC/sur les effets d’un réchauffement climatique de 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels et les profils d’émission de gaz à effet de serre associés, dans le cadre d’un renforcement de la réponse mondiale à la menace du changement climatique, d’un développement durable et des efforts visant à éradiquer la pauvreté » à l’attention des décideurs politiques, publié en automne 2018. Une traduction citoyenne de ce rapport en français a été publiée en mars 2019 sur wikisource 1. Brice Montagne explique aux parlementaires qu’il est de leur devoir de lire ce rapport afin d’acquérir les connaissances nécessaires à l’état de crise dans lequel nous nous trouvons. Le Luxembourg pourrait, dit-il, porter l’état d’urgence climatique au Conseil européen afin qu’il soit déclaré à niveau européen.

Pour l’œuvre sonore, le rapport est lu par deux journalistes du Luxembourg qui, par hasard, parallèlement à leur travail, font du théâtre : l’on entend les belles voix (que l’on connaît surtout par écrit) de Marie-Anne Lorgé et de Peter Feist.
Nous sommes aujourd’hui dans un état de crise mais, comme le précise Brice Montagne lors de son allocution : pour le comprendre, nous avons un énorme problème, nous n’avons pas d’ennemis autre que nous mêmes dans cette crise, nous n’avons pas un visage sur lequel projeter notre haine.

L’œuvre est bouleversante : la prise de la parole passe du citoyen à l’artiste et de l’artiste aux journalistes (qui sont aussi un peu artistes). Les mots dits provoquent des frissons. Il n’y a pas d’autre choix que de sortir dans le rues, comme des milliers d’adolescents l’ont fait, jusqu’à ce que les décideurs politiques comprennent qu’il n’y a plus à réfléchir : nous sommes dans un état d’urgence et il faut agir.

Sofia Eliza Bouratsis
PhD Arts et Sciences de l’art  – Esthétique
Université Paris I – Panthéon-Sorbonne
Chercheure et curatrice indépendante
Correspondante pour d’Lëtzebuerger Land

 

„Der Zusammenbruch großer politischer Erwartungen bringt die alte Idee zurück: um die Welt zu verändern, würde es genügen, die durch die Moderne zerstörten Verbindungen des Menschen zur Natur wiederherzustellen, ohne dass der Mensch selbst glaubt, sich ändern zu müssen. Ein Zitat von Etty Hillesum, einer niederländisch-jüdischen Intellektuellen, die in Auschwitz ermordet wurde, scheint mir hier besonders erwähnenswert: „Je ne crois pas que nous puissions corriger quoi que ce soit dans le monde extérieur que nous n‘ayons d‘abord corrigé en nous.“ Ob das gelingt? Ich bin da eher skeptisch.“

 

« L’effondrement des grandes attentes politiques ramène à la vieille idée que pour changer le monde, il suffirait de rétablir les liens de l’homme avec la nature, détruite par la modernité, sans que l’homme lui-même se croie obligé de changer. Une citation d’Etty Hillesum, intellectuelle juive néerlandaise assassinée à Auschwitz, me semble particulièrement digne de mention: «Je ne crois pas que nous puissions corriger quoi que ce soit dans le monde extérieur que nous n’ayons d’abord corrigé en nous. » Cela va-t-il réussir? Je suis plutôt dubitatitive. »

 

Edmond Oliveira wurde 1968 geboren. Zahlreiche Publikationen erwähnen seine Kunstwerke, die seit 1990 in den Galerien Luxemburgs, aber auch im Ausland ausgestellt werden, zum Beispiel in Portugal (Porto) und in Deutschland (Saarbrücken), wo er 2005 für den Schumannpreis nominiert wurde.

Sein Projekt „Memoria Episodika“, in Zusammenarbeit mit dem Centre des Migrations Humaines und dem CDH2 der Universität von Luxemburg, wurde 2018 im Espace H2o in Differdange und 2019 bei der Ausstellung „F(l)ight for Bert Theis“ in Zusammenarbeit mit dem Mudam und dem Mailänder Isola Art Center im Cercle Cité gezeigt.

2005 schuf er „L’oiseau de feu“, eine Auswahl von Szenografien, im Rahmen des Projektes „Login Music“ des Orchestre philharmonique du Luxembourg in Zusammenarbeit mit dem Casino Forum d’art contemporain. Von 2005 bis 2012 schuf er „Loopino“ mit Annick Pütz und Max Fischbach für die Philharmonie de Luxembourg, 2009 „Die Glücksfee“, und 2011 „Blancontact II“ im Kulturhaus Mersch.

 

Edmond Oliveira est né en 1968. De nombreuses publications font mention de ses œuvres d’art qui sont exposées depuis 1990 dans les galeries de Luxembourg, à Porto au Portugal et à Sarrebrück en Allemagne où il est nominé pour le prix Schumann en 2005.

En 2018, l’espace H2O à Differdange expose son projet « Memoria Episodika », en collaboration avec le Centre des Migrations Humaines et le CDH2 de l’Université de Luxembourg. Ce projet a également fait partie de l’exposition « F(l)ight vor Bert Theis » au Cercle Cité en collaboration avec le MUDAM et l’Isola Art Center à Milan.

En 2005, il crée « L’oiseau de feu », une sélection de scénographies dans le cadre du projet « Login Music » de l’Orchestre Philharmonique de Luxembourg en collaboration avec le Forum d’Art Contemporain. De 2005 à 2012, il crée « Loopino » avec Annick Pütz et Max Fischbach pour la Philharmonie de Luxembourg, suivi par « Die Glücksfee » en 2009 et « Blancontact » en 2011 au Kulturhaus Mersch.